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Un lycée en grève pour empêcher l’expulsion d’un lycéen camerounais

Guy Effeye, élève de terminale STT CG en 2004-2005, a été arrêté le 17 août dernier, alors qu’il travaillait sur un marché en Moselle. Le motif de son interpellation est « séjour irrégulier sur le territoire national ». En effet, Guy bénéficiait d’un titre de séjour jusqu’au 31 juillet 2005, date qui devait lui permettre de passer les épreuves du baccalauréat. Un élève de terminale a le droit de redoubler son année s’il n’obtient pas l’examen. Or, Guy ne peut faire valoir ce droit car il est en situation irrégulière sur le territoire français.

il était menacé d’une expulsion programmée pour ce dimanche 18 septembre, qui le reconduirait au Cameroun, où il n’a plus de liens familiaux ni amicaux, après cinq ans passés en France.

Le paradoxe est qu’on lui refuse aujourd’hui un pays dans lequel il vient de fonder une famille : il vit en effet maritalement depuis deux ans, et vient d’avoir un enfant avec sa compagne.

A l’annonce de l’imminence de son expulsion élèves et enseignants de son établissement se sont mis en grève vendredi 16 septembre. Ils étaient presque une centaine le samedi 17 à la porte du centre de rétention du Mesnil-Amelot où il est retenu pour exiger le droit de lui rendre visite et ils étaient encore plusieurs dizaines dans la nuit de dimanche à lundi dans le hall de l’aéroport de Roissy pour s’opposer à son embarquement, accompagnés de militants du RESF, du président de la LDH et du député de la circonscription Bruno Le Roux.
Un cordon de policiers s’est vainement déployé pour les empêcher de s’adresser aux passagers du vol pour Douala qui, pour beaucoup, manifestaient leur sympathie. Les policiers n’ont pas hésité à gazer les manifestant et à molester le député ainsi que, semble-t-il, un passager qui exprimait sa réprobation.
Conduit jusque dans l’avion, Guy a refusé d’embarquer, soutenu par les passagers du vol (malgré un retard de plusieurs heures), dont les manifestations de solidarité ont conduit le commandant de bord à refuser de prendre le jeune homme à son bord. Il se trouve donc placé en garde à vue et sera déféré en comparution immédiate pour refus d’embarquement ce lundi à 13 heures devant le TGI de Bobigny.


Détails sur http://www.educationsansfrontieres.org/

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